L1.J8: Devant, ça se précise! Derrière, à VA, c'est la crise! (2/2)
Suite de l'article posté hier! Mon regard sur la 8ème journée, je l'évoque avec vous dans ce second papier consacré au dernier week-end footbalistique de Septembre.
Paris grappille (vu au Parc)
Paris 2-0 Toulouse
Après avoir assisté au choc PSG-Monaco depuis les tribunes du Parc dimanche dernier, j'étais de retour dans l'antre parisien ce samedi après-midi pour suivre la rencontre entre Paris et Toulouse. Et comment vous dire? Passer de Monaco à Toulouse, ça fait une sacrée différence, c'est même un sacré choc. La seule chose qui n'a pas changé entre les deux matches, c'est Marco Verratti, toujours aussi juste et toujours aussi précis dans ses relances comme dans ses prises de balle. Le meilleur joueur de Ligue 1 depuis le début de la saison, celui pour lequel je voterais en tout cas, c'est assurément lui. En dehors des performances constantes de l'Italien, je n'ai pas été du tout emballé par le PSG. Même si les hommes de Laurent Blanc ont fini par s'imposer 2-0, ils ont toujours autant de peine face à des blocs regroupés tel que le fut celui de Toulouse. Il est évident que contourner une défense resserrée et la prendre à défaut est périlleux, surtout quand c'est la très réputée muraille toulousaine dont il est question. Mais l'on est tout de même en droit d'attendre mieux dans l'animation offensive du PSG.
Zlatan Ibrahimovic, s'il reste essentiel dans le système du club de la capitale, a clairement dit adieu à son total de but de la saison passée. Ne vous attendez pas à le voir passer la barre des 30, ce serait même déjà pas mal s'il franchissait celle des 20. Ce n'est pas qu'il est devenu moins talentueux, non. C'est que le géant suèdois a pris de l'envergure dans un autre domaine offensif, dans la création du jeu. Depuis le début de saison, on le retrouve généralement à la passe plutôt qu'à la finition. Contre Toulouse, il n'a toutefois connu de succès dans aucun des deux domaines, donnant même parfois l'impression de trainer la patte sur le terrain. Sa sortie explosive (coup de sang à l'encontre d'Aguilar et surtout de Zebina) est peut-être révélatrice d'une certaine frustration. Quand il n'est pas en réussite, l'attaquant parisien a une tendance certaine à transformer sa frustration en rage. Parfois, ce sont les arbitres ou ses coéquipiers (ou Leonardo par le passé) qui s'attirent ses foudres, ce week-end, ce fut le camp haut-garonnais.
Alors, vous me direz que la performance de Paris s'explique aussi par le choix de Laurent Blanc de faire tourner son onze de départ en vue des joutes européennes et du calendrier serré. Cela peut avoir une incidence mais quand bien même Lavezzi, Matuidi et Cavani seraient sur le banc de touche, l'apport de Zlatan, Lucas, Motta et Ménez devrait être supérieur, même sans leurs camarades stars. Ménez justement a traversé la rencontre de façon fantomatique. On l'a senti en manque de jus, en manque de mobilité, en manque de rythme tout simplement. Il revient de blessure, à lui, on lui pardonnera. Pour le reste, les hommes de Laurent Blanc s'en sont sortis grâce à Marquinhos qui a su profiter d'un coup franc de Motta pour tromper Ahamada après deux tentatives. Le défenseur brésilien supplée pour l'instant Thiago Silva avec une aisance impressionnante. Dans un style tout en retenu, tout en maitrise et dans un élan de calme absolu, l'ancien Romain justifie pour l'instant la somme investie en lui.
De manière générale, Paris peut faire beaucoup mieux. Nous arrivons au mois d'Octobre, mois charnière et crucial qui devrait normalement voir les joueurs de la capitale atteindre un pic de forme dans leur jeu. J'attends de voir ça avec impatience. Et notez qu'en dépit de mes critiques, à l'heure actuelle, les Parisiens demeurent invaincus dans chacunes des compétitions dans lesquelles ils sont engagés. Ce n'est déjà pas si mal.
De leur côté, les Toulousains n'ont guère démérité mais il ne fait aucun doute que leur passage dans la capitale ne leur réservait que très peu de chances de repartir avec quelque chose sous le bras. Ils ont pourtant tenté et ont eu le mérite de se procurer des occasions dont une très sérieuse que Verratti a dû repousser sur sa ligne. Face à un PSG moins dominateur que ce qu'il aurait pu (dû) être, il y avait des coups à tenter. Mais dans la configuration défensive alignée par Alain Casanova, le TFC a vite affiché ses limites au moment de se projeter vers l'avant. Depuis mon siège, je ne comprenais pas pourquoi l'entraineur du club de la ville rose tardait à ce point à faire entrer Ben Basat et Ben Yedder qui auraient pu peser davantage s'ils n'étaient apparus ensemble que dans le dernier quart d'heure.
Par ailleurs, j'aimerais revenir sur ce but refusé à Toulouse dans les arrêts de jeu. Ben Yedder est servi sur une passe en retrait et frappe instantanément, Sirigu est battu mais Saïd Ennjimi, l'arbitre de la rencontre, refuse le but. Son prétexte? Ben Basat, en position de hors-jeu aux six mètres, aurait fait action de jeu en essayant d'éviter le ballon... Un peu tordu quand on revoit les images. En direct live, cette réalisation toulousaine ne souffrait d'aucune contestation. Avec le pénalty clément accordé à un Edinson Cavani (fringant suite à sa rentrée), on peut dire que l'arbitrage ne fut pas vraiment en faveur du Téfécé.
Sainté oscille et Reims brille (vu sur le plateau du Canal Football Club)
Saint-Etienne 2-2 Bastia
Reims 1-1 Monaco
Favorable, l'arbitrage ne le fut pas non-plus en faveur de l'AS Saint-Etienne. On joue la 95ème minute, les Verts mènent 2-1 face à Bastia qui met la pression une ultime fois sur le but de Ruffier. Sur une passe en cloche, la défense stéphanoise joue parfaitement le piège du hors-jeu et enferme le récepteur de la passe, j'ai nommé Modesto. Ce dernier trompe malgré tout le portier stéphanois et alors qu'on s'attend à voir le drapeau se lever, l'arbitre reste de marbre sur la ligne de touche et les Corses peuvent exulter. Injuste! C'est peut-être la décision prise à tord la plus terrible depuis le début de cette saison puisqu'elle offre un point immérité à Bastia et prive Sainté d'un succès qui semblait ne plus pouvoir lui échapper.
Quand on mène 2-0 à 5 minutes du terme et qu'on se procure une grosse occasion de 3-0 (Erding manque son face à face contre Landreau), il est difficilement imaginable de voir les 3 points s'envoler. Pour autant, sur une inattention défensive (sur la splendide tête de Bruno) et une faute professionnelle arbitrale, l'occasion de reprendre la 4ème place s'en est trouvée consumée. Au coeur de la partie, les Stéphanois avaient pourtant tout fait parfaitement pour se remettre des deux défaites consécutives subies contre Toulouse et à Marseille. Une reprise exceptionnelle de Tabanou, une mèche non moins exceptionnelle du prometteur Diomandé et un jeu parfaitement léché avaient mis l'ASSE sur la voie. En face, Bastia n'avaient jusqu'aux dernières minutes de la rencontre, encore rien montré, ce qui est peut-être leur péché mignon quand ils jouent à l'extérieur (seulement 2 points pris hors de leurs bases pour les Bastiais en 5 rencontres). Pour autant, ils s'en sont tirés avec un très bon point qui vient s'ajouter miraculeusement à leur contingent.
Pour l'ASSE, si l'arbitrage n'a pas aidé, l'équipe est forcée d'admettre qu'elle a pour défaut principal celui de ne pas encore supporter correctement l'ardente pression d'une fin de match à suspense.
Un match à suspense, on en a eu un très disputé dimanche soir à Auguste Delaune où Reims recevait le leader monégasque. On avait d'un côté une équipe qui ne perd plus depuis la première journée (Reims) et de l'autre une escouade (Monaco) qui demeure invaincue malgré des déplacements compliqués à Marseille et à Paris d'ores et déjà négociés. L'affrontement a accouché, en toute logique au final, d'un nul qui préserve la série d'invincibilité des uns et des autres. Ce match, je l'ai vécu dans un cadre assez peu commun puisque j'étais sur le plateau du Canal Football Club (comme mon confrère Esteban, il y a quelques semaines). Je fais donc une petite parenthèse.
C'était une expérience enrichissante pour le futur journaliste que j'aspire à devenir que d'assiter aux débats animés entre Pierre Ménès, Christophe Dugarry et consort, le tout animé par l'impeccable Hervé Mathoux. Je vous assure que c'est quelque chose de voir l'envers du décor et de découvrir l'ambiance qui règne chez Canal+: ce professionnalisme à toute épreuve couplé avec une franche dose d'improvisation et de déconnade dont Pierrot est le premier instigateur. Il est vrai que l'ancien journaliste de l'Equipe peut parfois agacer certaines personnes. Mais son enthousiasme, sa sympathie et son côté je-m'en-foutisme enflamment l'émission et lui assurent un rythme certain. En bref, Canal a trouvé la recette idéale et tout comme un match de football, je peux vous l'assurer, l'émission est encore mieux en vrai!
Mais passons, j'étais dans le public pour assister sur les écrans géants du plateau à la diffusion de Reims-Monaco et ce fut un match dantesque. Reims ouvre le score très tôt, à la stupeur de tous. Moutinho répond dans la foulée et met fin à l'hégémonie Rivière-Falcao en ce qui concerne les noms des buteurs monégasques depuis le début de saison sur un coup-franc chirugical. Le reste? Une merveille de match, des attaques, des contre-attaques, des prises de risques et cette inattendue faculté rémoise à étouffer le milieu monégasque. Je mentirais en disant que Reims ne méritait pas les trois points mais en face, Monaco, sans être dans un grand soir (loin s'en faut) a eu le mérite de laisser passer l'orage en affichant toute sa solidité défensive. Si Falcao a été inexistant, on a pu apprécier le match de Carrasco et celui des milieux récupérateurs, Moutinho et Obbadi.
A Reims, que ce soit Ayité, Devaux, Krychowiak ou Fortes, tous ont été généreux dans l'impact et dans l'implication. Avec une barre et un poteau trouvés, les hommes d'Hubert Fournier peuvent avoir des regrets mais ce n'est pas la morale qu'il leur faut tirer de ce duel. Non. Car en mettant Monaco au supplice plus que personne depuis le début de la saison, les Champenois ont montré à la France entière qu'ils étaient en mesure de battre n'importe qui sur leur pelouse, si tant est qu'ils rééditent la même performance. Je ne vois pas en tout cas comment cette équipe pourrait ne pas obtenir son maintien haut la main après un début de saison si solide et des performances aussi bluffantes.
Le néant à Gerland, des jaunes géants Route de Lorient
Lyon 0-0 Lille
Rennes 1-3 Nantes
Je n'ai pas particulièrement envie de vous parler de Lyon-Lille car c'est certainement le match le plus ennuyeux qu'il ait été donné de voir au cours de ce week-end. Le score final de 0-0 ne présage rien de bon au premier abord, déjà! Mais il y a certains matches nuls plus plaisants que d'autres et celui-là fait clairement partie des autres. Pour résumer la rencontre, disons toutefois, et c'est la seule chose que je considère être importante à souligner, que les situations offensives véritables ont été à 80% pour Lille et à seulement 20% pour les locaux. Cela illustre certainement l'apathie lyonnaise du moment et le manque de talent qui anime les rangs Rhodaniens. Et encore, je suis dur car l'équipe étant composée majoritairement de jeunes issus du centre de formation tous plus pétris de talent les uns que les autres, ce n'est pas vraiment de talent donc manque l'OL mais bel et bien d'expérience.
Face au LOSC, les limites ont en tout cas très vite creuvé l'écran. Gageons pour Rémi Garde que les retours prochains de Gourcuff et Danic notamment se révèleront salvateurs. Lyon a pour l'instant le niveau d'un 10ème de L1 et il se classe 9ème. Un juste retour des choses en somme. Côté lillois, même si on peut regretter certaines occasions manquées, ce point obtenu à Gerland vient brillamment conclure une semaine à 7 points sur 9 qui couronnent la solidité nordiste et le retour en grande pompe de Nolan Roux dans le onze de René Girard. Quatrièmes au classement, les Lillois auront l'occasion samedi prochain contre Ajaccio de profiter du duel OM-PSG pour monter sur le podium. Je mets d'ailleurs une petite pièce sur ce scénario.
Enfin, j'achève ce double papier par une rencontre qui a accouché d'un résultat auquel je ne m'attendais pas, je parle bien sûr de la victoire du FC Nantes sur la pelouse du Stade Rennais, son ancestral ennemi intime. Les analyses du CFC ont parfaitement résumé la rencontre. D'un côté, des Nantais emballants, aux jambes explosives et à l'envie de jouer indéniable face à des Rennais groggy, endormis et à côté de la plaque tout au long de la première période. Au final, il n'est en rien étonnant de voir que l'enthousiasme des Canaris a fini par triompher. Je disais récemment que le début de saison des Rennais était réussi. Sur le plan comptable, ce n'est pas si mal (une moyenne d'1,5 points pris par match) mais il est vrai que dans le jeu, pour m'être penché sérieusement sur la question, on ne voit pas grand chose chez les pensionnaires de la Route de Lorient. Alors que le projet est supposé se mettre en place progressivement, dixit l'entraineur Philippe Montanier, on a l'impression que le Stade Rennais a subitement fait volte-face et a tout à coup régressé alors qu'on l'attendait montant en puissance. De mauvaise augure même si le retour d'Alessandrini peut changer des choses.
Je salue ce retour en dépit des déclarations très maladroites du joueur quant à ses velléités de départ. Romain Alessandrini est un joueur que je suis depuis son tout jeune âge, je suivais ses performances quand il était à Clermont et je suis un admirateur invétéré de ce talentueux milieu de terrain. Pour la petite histoire, je suis allé au stade Pierre Mauroy de Lille le voir jouer pour la première fois, non sans une certaine émotion, la saison passée. Si vous connaissez bien l'actu foot, vous saurez que c'est précisément lors de ce match qu'Alessandrini s'est blessé pour une indisponibilité de 6 mois. Quand on n'est pas verni...
Bref, j'espère que sa blessure est derrière lui, que son conflit avec ses dirigeant est digéré et qu'il repartira sur les chapeaux de roue pour retrouver l'Equipe de France. Ce joueur est un sérieux candidat si tant est que son corps suive. Si vous ne le connaissez pas encore, gardez un oeil sur lui. Pour conclure, saluons l'énième performance encourageante de Nantes qui vient de grapiller six points en trois jours. S'ils venaient à perdre leurs trois points initiaux acquis illégalement contre Bastia, les Canaris seraient tout de même 11ème: Nantes ou l'art de prévenir et guérir tout à la fois. A noter pour l'anecdote, ce but intolérable marqué par Lucas Deaux en fin de rencontre. Une erreur d'arbitrage, une énième, qui oublie à tord qu'un joueur peut faire action de jeu sans toucher le ballon et qui vient sanctionner des Rennais à l'arrêt qui n'avaient pas besoin d'être punis davantage, eux qui étaient de toute façon d'ores et déjà résignés face à ces Nantais-là.
En un mot, la conclusion de cette 8ème journée: je n'aime pas critiquer l'arbitrage mais mon dieu, messieurs les arbitres, l'été est fini, réveillez-vous que diable! Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, j'imagine notamment sans peine la détresse stéphanoise après ce week-end malheureux...
Merci à tous de me lire et de poster des commentaires, ça me fait chaud au coeur d'être suivi.
On se retrouve le week-end prochain avec entre autre les alléchants Monaco -Saint-Etienne et surtout notre Classico hexagonal, OM-PSG sur lequel je ne manquerai pas de revenir. D'ici là, allez l'OM et le PSG en Ligue des Champions! On a grandement besoin de résultats en France!
Ah et j'oubliais, ces jours prochains sont tout particuliers pour moi puisque je suis en pré-rentrée mercredi (demain) dans mon école de journalisme sportif pour une rentrée effective le lundi 7 Octobre au matin (le lendemain du Classico). C'est une grande étape pour moi, je tenais à la partager avec vous!
A bientôt les amis!
Aurel.F.B
En bonus, une photo du plateau du CFC où j'apparais en tout petit, bien caché dans le public derrière Christophe Dugarry et l'invité, Clément Grenier:
Sources photos:
Marquinhos_joie: 13or-du-hiphop.fr, Moutinho_SdR: fr.sports.yahoo.com, Nantes_joie: pays-de-la-loire.france3.fr



